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Dossier « Juin 1967, une guerre de six jours qui n’en finit pas »

Le 5 juin 1967 au matin, l’aviation militaire israélienne, en une heure, détruit au sol ses homologues égyptienne et syrienne. La « guerre des Six-Jours », comme l’ont appelée ensuite les Israéliens, n’aura duré en réalité qu’une heure. La suite fut une conquête rapide par Israël, du Sinaï d’abord, ensuite de la Cisjordanie (alors territoire jordanien), puis du plateau du Golan syrien.

En cinquante ans, l’espace proche-oriental a été bouleversé, de la révolution islamique en Iran de 1979 aux récents « printemps arabes », en passant par les multiples crises pétrolières, la montée en puissance de l’islam politique sous toutes ses formes ou… celle de la question palestinienne. Car, beaucoup l’ont oublié, jusqu’en 1967 la Palestine avait quasi disparu des agendas diplomatiques pour ne se résumer qu’à un enjeu humanitaire, celui des réfugiés. Malgré tous ces bouleversements et bien d’autres, cinquante ans après, Israël a restitué le Sinaï à l’Égypte, mais préservé sa domination sur tous les autres territoires conquis en 1967 et sur leurs populations. Quant au problème palestinien, devenu celui de la création d’un État palestinien, il n’a toujours pas trouvé de solution.

Orient XXI a décidé de consacrer un dossier à cette guerre et à ses conséquences à l’occasion de son 50e anniversaire. De très nombreux ouvrages sont parus depuis sur le sujet et nous ne prétendons pas faire ici œuvre d’exhaustivité, mais rappeler le contexte régional et international — de vigueur du nationalisme arabe et de « guerre froide » entre les USA et l’URSS — dans lequel cette guerre a été menée ; évoquer une série de ses aspects restés à ce jour peu connus ou évoqués, comme l’expulsion par Israël de centaines de milliers de civils de Cisjordanie et du Golan dès les lendemains de la guerre, ou encore analyser son impact sur les sociétés des pays concernés (et aussi sur le sort des communautés juives du Maghreb).