Politique, culture, société, économie, diplomatie

Quand la littérature explore le passé fragmenté de la Libye

Voix, fantômes, mémoires...

L’histoire de la Libye depuis la colonisation italienne jusqu’à aujourd’hui en passant par la révolution de 2011 est méconnue, douloureuse, occultée et pleine de zones d’ombre. La littérature lui est un recours : elle indique les multiples chemins du passé, convoque les voix et les mémoires et renverse les perspectives. Même si elle ne peut suffire à reconstituer l’unité d’un récit fragmenté, à désigner les responsables et à nommer les raisons pour lesquelles le peuple libyen ne connait toujours pas la paix, ni la liberté.

Les conflits et les bouleversements sociopolitiques produits par les « printemps arabes » de 2011, l’effondrement de l’économie de subsistance causé par le système du marché global, les changements climatiques ainsi que l’ouverture de nouveaux fronts militaires en Afrique ont inévitablement entrainé une augmentation des flux migratoires vers l’Europe. Tous ces facteurs, déconnectés en apparence, ne sont que les segments du long « récit » d’une exploitation humaine et matérielle qui, bien souvent, transforme les colonisés d’hier en migrants d’aujourd’hui. Face à cette nouvelle vague migratoire, l’Europe n’a pas su réagir autrement qu’en s’enfermant dans sa propre « forteresse », renonçant à ses principes fondateurs d’accueil et de sauvegarde des droits humains et s’amnistiant d’une histoire dans laquelle elle tient pourtant l’un des rôles principaux.

Pour tenter d’endiguer les flux migratoires, l’Italie a récemment signé une série d’accords avec le gouvernement libyen (comme elle l’avait fait en 2008 sous le régime de Mouammar Kadhafi), consentant de cette manière à financer un système corrompu et ambigu ainsi qu’à condamner des centaines de personnes à la torture et à la mort dans les différents centres de détention libyens. Aujourd’hui, il est important de souligner à quel point les « liens historiques » entre ces deux pays restent caractérisés par la colonisation de la Libye par l’Italie, qui peut être décrite comme un « flux migratoire inversé », à la manière dont le poète Giovanni Pascoli évoquait la campagne italienne en Libye dans son discours La Grande Prolétaire s’est mise en mouvement 1.

Cette fois encore, la littérature des « autres » peut constituer l’élément perturbateur capable de montrer la continuité des processus historiques, mais aussi leur discontinuité, et de bousculer les pratiques accommodantes de réécriture historique et d’auto-absolution. Le changement de perspective que permet le regard littéraire est souvent le seul moyen de « briser le confinement, de (re)trouver les corps, les voix et les mémoires à la dérive et de tracer des cartographies ouvertes »2.

La « Terre promise » des Italiens

Après quatre siècles d’administration ottomane, le territoire libyen devint la cible des appétits coloniaux européens. À la fin du XIXe siècle, les gouvernements italiens de Francesco Crispi puis de Giovanni Giolitti ouvraient la voie à une politique d’« infiltration pacifique » en Libye, visant à préparer le terrain à l’occupation militaire. Ce projet prévoyait l’intégration d’éléments italiens dans le champ culturel et économique, comme la fondation de journaux et la construction d’écoles, dans le but d’« italianiser » le peuple libyen en effaçant ses racines berbères et arabes, et en présentant la Libye – grâce à l’habituelle rhétorique coloniale – comme la « terre promise des Italiens », en tant qu’héritiers de l’empire romain.

En 1911, l’Italie déclara la guerre à l’empire ottoman et en 1912, avec le traité de Lausanne de 1923, la Libye devint une colonie italienne. Durant la période ottomane, les seuls centres culturels du pays étaient les kuttab, écoles coraniques dans lesquelles étaient enseignées la lecture et l’écriture, mais qui n’étaient pas en mesure de fournir une instruction adaptée à toute la population. À cet égard, l’engagement de la confrérie sunnite senoussie3 contre l’occupation tint un rôle fondamental car, en plus d’organiser la résistance anti-italienne, elle entreprit de diffuser les principes fondamentaux nécessaires à la naissance d’une conscience nationale, notamment dans les zones désertiques du pays.

Une certaine activité culturelle et littéraire commença à se développer au sein de ces confréries, avec une attention particulière accordée à la poésie, qui devint l’instrument privilégié de dénonciation des violences coloniales. Parmi les poètes les plus célèbres de l’époque, le nom d’Ibrahim Al-Ousta Oumar se distingue, lui dont les vers emplis de souffrance et de lutte se répandirent dans tout le pays.

Le prisonnier mis en cage
Crie de douleur tout le jour
Répète les gémissements des nuits amères
[…]
Il se souvient de la branche qui balançait
Sur laquelle il chantait avec affection
Maintenant, dans la douleur de la prison
il se consume de nostalgie, se lamente
et espère

 L’uccello prigionero », in E. Diana, La letteratura della Libia,, Carocci)

Les années noires du fascisme colonial

En 1922 s’ouvrit avec la montée du fascisme une des pages les plus obscures du colonialisme européen. Une page encore aujourd’hui absente des manuels d’histoire italiens, une rupture du récit qui a inévitablement influencé et vicié le débat politique et culturel actuel.

Le général Rodolfo Graziani, avec des bombardements au gaz moutarde et la création de véritables lager (camps de concentration), accomplit en Libye ce qu’Angelo Del Boca4 qualifia d’ « authentique génocide ». Les fils barbelés, la mort et les camps de concentration, après être entrés dans la vie du peuple libyen entrèrent inéluctablement dans les thèmes des récits littéraires.

Parvenu au village, il s’était rendu compte qu’il avait lui aussi été encerclé de fils barbelés et était gardé par des soldats de Graziani armés de fusils. Il avait senti son cœur se pincer. Assailli par le désespoir, il avait rebroussé chemin, regagnant en vitesse le désert pour se diriger vers la frontière, vers les barbelés. À cette époque, le barbelé, tout comme les potences, avait été planté partout.

(Ibrahim Al-Koni, « Una grande oasi in festa », in La patria delle visioni celesti, Edizioni e/o)

Né en 1948, Ibrahim Al-Koni est un des plus célèbres écrivains libyens et l’un des rares à avoir vu ses œuvres traduites dans de nombreuses langues européennes. Dans ses romans et ses nombreuses nouvelles, il s’attache souvent à décrire le désert, lieu chargé de significations symboliques, ses rythmes lents, presque mystiques, et cette société bédouine dévastée par la colonisation italienne.

Le bruit courait que la faim avait exterminé la moitié de la tribu durant cette période. […] Les Italiens avaient anéanti la résistance sur la côte et commencé à dévaster le djebel, préparant ainsi le terrain à leur invasion du sud. […] Les Italiens avaient ravagé le désert méridional et les combats s’étaient déroulés dans les sables de Zalàf. Les combattants, les moudjahidines, subirent de graves pertes et furent contraints de se retirer vers le sud ; les agresseurs trouvèrent ainsi la voie libre pour entrer dans les oasis. La douloureuse nouvelle de la défaite avait précédé de quelques jours leur arrivée dans l’oasis ; des histoires de punitions exemplaires circulaient et créèrent un état de chaos, ainsi les nomades s’en allèrent et les tribus se dispersèrent.

(Ibrahim Al-Koni, « Il voto della vergine », in La patria delle visioni celesti, Edizioni e/o)

En 1931, le chef de la résistance sénoussie Omar Al-Mokhtar fut capturé et pendu après un simulacre de procès. Privée de son guide, la résistance ne put faire autrement que de se rendre à l’armée italienne. Les centres religieux senoussis furent fermés et leurs biens confisqués. Inévitablement, la brutalité coloniale interrompit le développement culturel d’un pays qui s’efforçait de construire sa propre identité sociale et nationale sous la poussée de la Nahda, mot désignant cette période marquée par un renouveau intellectuel arrivé d’Égypte et du Proche-Orient.

Le temps de Khadafi

Après la seconde guerre mondiale et la chute du fascisme italien, la Libye fut administrée par les forces alliées jusqu’en 1951, année de l’indépendance du pays et de l’arrivée au pouvoir du roi Idriss Ier. Installé sur le trône par le Royaume-Uni et la France, le monarque mena durant son règne une politique d’ouverture vers ces deux pays, et ce même après l’intervention militaire britannique dans la crise de Suez, suscitant le mécontentement des nationalistes libyens, proches du nassérisme égyptien.

Le 1er septembre 1969, un groupe d’officiers nassériens, guidés par le colonel Mouammar Kadhafi, déposa le roi par un coup d’État et proclama la naissance de la République arabe de Libye. Kadhafi s’installa à la tête d’un gouvernement provisoire, entreprit la nationalisation de toutes les entreprises étrangères du pays, ferma les bases militaires britanniques et états-uniennes et, en 1970, expulsa tous les Italiens après avoir confisqué leurs biens. En 1977, la Libye devint la Jamahiriya arabe libyenne, un « État des masses », d’après ce terme inventé par Kadhafi, qui se transforma rapidement en un système dictatorial. À la surprise générale, le raïs renonça à toute charge gouvernementale, mais resta substantiellement le seul vrai commandant, avec le titre de « Guide de la révolution ». La philosophie de ce nouveau régime était définie dans le Livre vert, écrit par le raïs lui-même, dans lequel sont mélangées confusément les idées du socialisme arabe, de la charia et des croyances traditionnelles.

Avec le séduisant slogan « aucune représentation à la place du peuple », Kadhafi démantela le Parlement, les partis politiques, les syndicats, les journaux et réduisit au silence tous les opposants. Qualifiés de « traîtres du peuple », ces derniers subirent souvent passages à tabac et procès diffusés à la télévision, ainsi que des exécutions publiques.

L’émission était une rediffusion de celle que j’avais vue à l’heure de la sieste, mais maintenant, alors que le soir tombait, tout le monde était réveillé et pouvait la voir.
— Vous étiez présent à cette rencontre ? Ustadh Rashid hésita, puis acquiesça et dit : — Oui, j’étais présent.
[…] Puis l’image changea […] Un homme apparut, assis à un bureau parsemé de feuilles. Au vu de ses habits et sa chevelure bouclée en forme de casque, je compris que ce n’était pas un journaliste, mais un membre du Comité révolutionnaire. — Des brebis galeuses, dit-il avec l’habituel ton autoritaire et aboyeur des déclarations du Comité. — Nous avons démasqué les traitres jaloux qui méprisent notre révolution. Nous, du Comité révolutionnaire, Gardiens de la Révolution, nous avons capturé tous les membres de ce groupe malade et ceux qui les protégeaient et les finançaient. Nous les punirons sévèrement […] L’ennemi a été vaincu. Vive notre Guide, vive la révolution de septembre !
[…] Deux hommes arrivèrent dans son dos et le soulevèrent par les aisselles. […] La foule sautait à présent, sautait et hurlait : pendez le traitre ! Pendez le traitre !

(Hisham Matar, Au pays des hommes,Denoël, 2017)

Violences politiques des années 1980-1990

Au pays des hommes de Hisham Matar, écrivain d’origine libyenne élevé aux États-Unis, décrit à travers l’histoire du petit Suleiman la Libye des années 1970 et la répression dans le sang des tentatives de rébellion contre le régime. Le père du jeune protagoniste est arrêté, battu et laissé pour mort, accusé d’actions subversives contre la révolution et son guide. La Libye de Kadhafi était désormais devenue un pays dans lequel il était nécessaire de baisser la tête ou bien de s’en aller pour survivre.


— Il est de notre devoir d’appeler l’injustice par son nom.
— […] Ici, tu ne peux choisir qu’entre le silence et l’exil, entre marcher le long des murs ou t’en aller. Va faire le héros autre part.
— Jusqu’à quand, et pour combien de temps encore devrons-nous baisser la tête ?
— Jusqu’à ce que Dieu vienne nous sauver, rien n’est éternel.

(Hisham Matar, Ibid.)

Afin de le protéger de cette folie, la famille de Suleiman choisira pour lui l’exil, destin commun à beaucoup de Libyens, l’exil qui sauve la vie, mais étouffe l’âme.

Je souffre d’une absence, une absence omniprésente, comme un orphelin incertain de ce qu’il a perdu ou gagné dans un deuil qu’il n’a pas choisi. […] L’Égypte n’a pas remplacé la Libye. À sa place au contraire, il y a ce vide, cette absence que j’essaye de contrôler comme celui qui a peur du noir et cherche une allumette à craquer. […] Que nous sommes prompts et disponibles à nous procurer ces identités fictives, trompant le monde et ce que nous aurions pu être si seulement nous ne nous étions pas mis en travers, si seulement nous avions attendu de voir ce qu’il serait advenu de nous !

(Hisham Matar, Ibid.)

L’exil, la répression et la figure du père sont des éléments également présents dans le dernier travail de Hisham Matar, La terre qui les sépare (Gallimard, 2017), dans lequel l’écrivain raconte cette fois sa propre histoire et celle de sa famille, qui a fui le pays après la proclamation de la Jamahiriyya. Le roman débute en 2011, après la chute de Kadhafi, année durant laquelle Matar a enfin eu la possibilité de retourner en Libye pour essayer de découvrir le sort réservé à son père, Jaballa Matar. Opposant au régime, le père de l’écrivain est en effet enlevé en 1990, alors qu’il se trouve à Londres, puis enfermé dans la prison d’Abou Salim à Tripoli, connue comme « le dernier arrêt, le lieu où le régime expédiait ceux qu’il avait l’intention d’oublier. »

Depuis l’avion, la Libye apparait à Matar comme une terre offensée, dont les blessures pas complètement refermées pourraient encore saigner, une terre rêvée et idéalisée lors des longues années d’exil.

La voilà, la terre. Rouille et jaune. La couleur de la peau à peine cicatrisée. […] Et soudain, la mer de mon enfance. Bien souvent les exilés idéalisent le paysage de la patrie. J’ai toujours évité de le faire. Rien ne m’irrite plus qu’un Libyen qui divague à propos de « notre mer », « notre terre », « la brise de la terre natale ». Toutefois, je n’avais jamais cessé de penser au fond de moi que la lumière de là-bas n’a pas son pareil. À mes yeux, chaque mer, tout aussi belle qu’elle soit, semblait une imposture.

En évoquant l’histoire de sa famille, Matar raconte l’histoire de la Libye, depuis la colonisation italienne jusqu’à la révolution de 2011. L’émotion de retrouver les lieux de son enfance se mélange à un regard amer qui dévoile la condition de son peuple, jamais libre de s’autodéfinir et de s’autodéterminer, resté aussi « inachevé » que les immeubles du pays.

[…] l’inachèvement d’une grande partie de l’architecture moderne en Libye m’a toujours embarrassé. Cela exprime bien plus l’abandon que, par exemple, les ruines et les vieilles structures délabrées. […] Ces immeubles laissés en suspens me semblent un affront plus choquant et même plus oppressant qu’un immeuble terminé puis écroulé dans ces temps difficiles. C’est un phénomène tellement diffus – murs extérieurs sans peinture, bruts – qu’il est difficile de ne pas y voir un manque d’estime de soi. En d’autres termes, nos maisons inachevées sont un reflet de notre présent. Elles nous définissent, comme nous nous les avons définies.

En 1996, le régime de Kadhafi massacra plus de mille personnes à l’intérieur de la prison d’Abou Salim, et c’est dans ces circonstances que très probablement, selon les recherches de l’écrivain, son père Jaballa perdit la vie.

La violence politique interne des années 1980 et 1990 coïncida avec une politique extérieure tout aussi insensée et inconsidérée. En 1988, l’ONU reconnut le régime de Kadhafi responsable d’un attentat aérien dans lequel étaient mortes plus de deux cents personnes, et plaça la Libye sous embargo économique. À la fin des années 1990, le raïs, en difficulté à cause des restrictions économiques, opéra un astucieux changement de cap en politique étrangère et obtint la fin de l’embargo et la reprise des rapports diplomatiques avec l’Europe et les États-Unis. En revanche, l’attitude du régime envers le peuple libyen soumis à la répression et à la censure resta identique.

La violation constante et complète des droits humains n’a pourtant pas empêché l’Italie de signer en 2008 avec le régime de Kadhafi le Trattato di amicizia e partenariato (Traité d’amitié et de coopération). Cet accord prévoyait une « indemnisation » versée à la Libye pour les dommages coloniaux, en échange de laquelle le raïs s’engageait à assister la marine italienne dans ses patrouilles côtières pour arrêter les flux de migrants.

Une blessure toujours occultée

En 2011, le séisme des printemps arabes frappa également la Libye, et conduisit à l’effondrement de Khadafi et de son régime. Les bombardements européens et américains « entrèrent » à nouveau dans l’histoire libyenne. Pendant les journées d’agitation révolutionnaire, le bonheur et l’espoir en un futur libre imprégnèrent les vers d’Ashur Al-Tuwaibi, un des poètes libyens contemporains les plus célèbres et prolifiques. Les mots tabous durant le régime étaient enfin prononcés sans peur et à voix haute.

Depuis le balcon de ma chambre à coucher qui donne sur une palmeraie et une rue étroite et poussiéreuse, j’entends les voix de garçons entre 15 et 17 ans. Parmi elles, je distingue celle de mon fils, étudiant en dernière année de lycée. Leurs voix s’élèvent et se mélangent dans un fervent enthousiasme. Je me mets à écouter attentivement et je me rends compte qu’ils discutent de la Libye post-Kadhafi. Je note qu’ils répètent des mots comme : démocratie, justice, égalité, tolérance, injustice, dictature, révolution, rebelles, partis, idéologie, société civile.
L’un d’eux recherche le consensus général sur ce qu’il dit, et les autres sont divisés entre partisans et opposants. Sept mois plus tôt ou à peine plus, aucun d’eux n’aurait parlé de questions similaires — au mieux il y aurait pensé.
Aucune crainte pour le destin de ces futurs hommes.

(Ashur Al-Tuwaibi, « Non restare ancora fermo alla mia porta con il vento alle spalle »)

Six ans après les événements de 2011, la profonde blessure libyenne peine à se refermer. Une blessure causée par une histoire en grande partie occultée et oubliée afin de cacher les fautes et dissimuler les responsables. La chute du régime n’a pas suffi à apporter la paix et la liberté au peuple libyen, car trop souvent « La liberté est un long chemin baigné de sang » (Ashur Al-Tuwaibi, Ibid.).

Aujourd’hui, c’est comme s’il ne s’était rien passé, comme si rien n’avait changé. Seuls les drapeaux et les slogans, les prisonniers et ceux qui sont assis derrière les armes ont changé.
Mais notre esprit et notre âme ont-ils évolué ? Certainement pas.
Cela n’est pas encore arrivé. La route qui nous mènera vers une société moderne sera longue et tortueuse. Une société qui dit honnêtement à celui qui se trompe qu’il s’est trompé, à celui qui vole qu’il est un voleur. Une société qui rend leurs droits à ceux qui en sont dépossédés.

(Ashur Al-Tuwaibi, Ibid.)

1NDT. Poète italien né en 1855 et mort en 1912, figure emblématique de la littérature italienne de la fin du XIXe siècle. Le discours mentionné, prononcé à Barga en 1911 lors d’une manifestation en soutien aux blessés de la guerre de Libye, illustre son soutien à l’impérialisme italien, ultime évolution de sa pensée socialiste et patriotique.

2R. Derobertis, « Tripoli era dolce per gli italiani. Conflitti coloniali e cartografie post-coloniali nella trama italo-libica », Quaderni del Dipartimento di Pratiche Linguistiche e Analisi di Testi, Anno VIII, n° 2, 2009.

3NDT. Confrérie soufie fondée en 1837 par Mohammed Ben Ali El-Senoussi.

4NDT. Ecrivain, journaliste et historien né à Novare (Italie) en 1925, spécialiste de l’empire colonial italien.