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Dossier

L’an II de la révolution algérienne

Le 22 février 2019, les Algériens se soulevaient pacifiquement contre la perspective d’un cinquième mandat du président Abdelaziz Bouteflika. Avec le « Hirak », nom de ce mouvement populaire, l’Algérie est entrée dans une nouvelle phase. Orient XXI propose à partir d’aujourd’hui et jusqu’à samedi, un article par jour, dossier complété d’articles parus depuis un an.

Alger, 8 mars 2019
Ryad Kramdi/AFP

Si les manifestants ont bien obtenu le départ de l’homme qui avait été élu pour la première fois en 1999, ils n’ont pas réussi à démanteler le système politique autoritariste qui dirige le pays depuis l’indépendance. Certes, le « pouvoir » a été obligé de faire des concessions. Des ministres, de hauts responsables, des hommes d’affaires, mais aussi des officiers supérieurs, hier tout-puissants, sont en prison ou ont été écartés. Mais les exigences populaires, qu’il s’agisse de la mise en place d’un gouvernement composé de personnalités indépendantes ou la remise à plat des institutions avec, éventuellement l’élection d’une Assemblée constituante, demeurent insatisfaites.

Après plusieurs reports et une abstention massive, le régime a pu organiser une élection présidentielle qui lui permet de restaurer une apparence de normalité. Élu le 12 décembre dernier, Abdelmadjid Tebboune a vu sa marge de manœuvre augmenter après le décès de son principal soutien et homme fort du pays, le chef d’état-major Ahmed Gaïd Salah.

La voix du Hirak sera-t-elle entendue alors que nombreux sont ceux qui reprochent à ce mouvement de ne pas se structurer politiquement ? Que va faire l’armée ? Dans un contexte de difficultés économiques croissantes, le pouvoir sera-t-il forcé d’ouvrir le jeu politique et de permettre aux partis de l’opposition d’agir sans faire face aux contraintes habituelles ?

S’il est difficile d’avoir des réponses immédiates à ces questions, une chose est certaine : le Hirak, qui fête cette semaine sa première année avec 53 vendredis successifs de manifestations a d’ores et déjà modifié la donne algérienne.

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