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Conférence de Hassan Nasrallah du 30 avril 2013

Hassan Nasrallah, le secrétaire général du Hezbollah libanais, a donné une allocution dans la soirée du 30 avril. Le site de la chaîne du parti en donne un résumé en arabe, ainsi qu’une version en anglais.

Selon le quotidien An-Nahar, cette conférence devait initialement avoir lieu le 9 mai.

1. Il a d’abord répété que le Hezbollah n’était pas responsable de l’envoi du drone (il y a quelques jours) au-dessus d’Israël. Il propose plusieurs responsabilités possibles, et suggère fortement qu’il pourrait s’agir d’une provocation organisée par Israël ou un de ses alliés pour justifier une attaque contre la résistance.

الفرضية الثالثة ان تكون جهة غير صديقة وغير "اسرائيل" قامت باطلاق الطائرة من الاراضي اللبنانية او غير اللبنانية بخلفية ان الاسرائيلي سيتهم حزب الله وسيقوم بعمل عسكري مباشر ويقوم حزب الله برد دفاعي مباشر ويكونون دفعوا لبنان الى مواجهة بين اسرائيل وحزب الله.. فرضية رابعة ان تكون اسرائيل نفسها ادخلت الطائرة الى الاجواء اللبنانية واعادتها الى الاراضي الفلسطينة ثم قامت باسقاطها وهذا امر ممكن بشكل كبير".

2. Il a évoqué (ce qui était attendu) les rumeurs d’attaque israélienne contre la Syrie, des troupes massées dans le nord d’Israël, comme évoqué hier par le Safir :

واعتبر ان هناك "مؤشرات مقلقة في المنطقة وهذا صحيح وهناك حشد في شمال فلسطين لكن ما زلنا نقدر ان هذه الامور مرتبطة بالتحولات في سوريا".

Il a averti : les forces du parti ne doivent pas être sous-évaluées et il est prêt à répondre à toute agression.

واكد السيد نصر الله ان "من يتوهم ان المقاومة في لحظة وهن وضعف وضبابية وعدم وضوح فهو مشتبه وانا احذر العدو ومن يقف وراءه من ارتكاب اي حماقة تجاه لبنان لان المقاومة يقظة ويدهاعلى الزناد وتملك العزم والتصميم بالدفاع عن لبنان وكل الانتصارات التي حققتها المقاومة والجيش الشعب، وسنواجه اي عدوان باعلى درجة مما يتصوره احد وسننتصر في اي مواجهة مقبلة ان شاء الله".

Hassan Nasrallah a ainsi répété quasiment mot pour mot l’avertissement de l’éditorial d’Ibrahim al-Amine du 29 avril.

3. Il évoque les « martyrs » du parti morts en Syrie, et dénonce la « surenchère » (il cite Al-Arabiya) qui chiffrerait à plusieurs centaines les morts du Hezbollah.

4. Il propose son analyse de la guerre en Syrie : selon lui, le but même de la guerre est la destruction de la Syrie en tant que pays unifié, et sa transformation en « État raté » (failed state, disent les Américains) afin de la faire disparaitre de l’« équation régionale ». C’est une thèse qui circule beaucoup (que d’aucuns appliquaient déjà à l’Irak), mais n’avait pas encore reçu une telle visibilité (même si Noam Chomsky et Stephen Walt ont pu écrire des choses similaires concernant d’autres guerres étatsuniennes).

واعتبر السيد نصر الله ان "الهدف مما يحدث في سورية لم يعد فقط اخراج سورية من محور المقاومة ومعادلة الصراع العربي الاسرائيلي ولم يعد اخذ السلطة باي ثمن ، بل يمكن القول ان هدف كل من يقف خلف الحرب في سورية هو تدمير سورية حتى لا تقوم دولة مركزية قوية، وحتى تصبح دولة عاجزة حتى عن ان تاخذ قرارا متعلق بنفطها او بحرها او حدودها، فالمطلوب ان لا تقوم للسوريين دولة مركزية في المستقبل وتدمير سورية حتى تشطب من المعادلة الاقليمية".

5. Il a ensuite exposé les raisons (et les limites) de l’intervention du Hezbollah en Syrie : la protection du tombeau de Zeinab, lieu saint chiite, et des villages libanais en territoire syrien, menacés par les groupes jihadistes.

Là encore, ce point de vue du parti avait déjà été exposé dans le Akhbar sous la plume d’Ibrahim al Amine et avait fait l’objet d’un commentaire d’Alain Gresh.

Si le message était déjà ainsi passé, c’est la première fois que le secrétaire général du Hezbollah reconnaît explicitement une intervention directe du parti dans le conflit syrien. Auparavant, il n’avait reconnu que des participations isolées de membres du parti à titre individuel.

6. Il a enfin évoqué le sort des pélerins libanais retenus à Azaz en Syrie et rappelé que les négociations avec l’Arabie saoudite, la Turquie et le Qatar n’ont rien donné.

7. Il a conclu en déclarant qu’il ne fallait pas entraîner le Liban dans le conflit.