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Iran : deux visions de « l’ordre mondial »

Revue de presse du 29 avril au 5 mai 2013

Dire que les pays occidentaux sont impuissants à apporter des solutions aux problèmes posés par la guerre en Syrie, l’instabilité en Irak, les soulèvements populaires arabes ou le nucléaire iranien, c’est affirmer qu’il devrait y avoir un ordre mondial à la tête duquel ces pays devraient proposer des solutions et les mettre, ou les faire mettre, en application. Cet ordre unipolaire a parfois existé, notamment au sortir de la seconde guerre mondiale. Il est aujourd’hui en voie de destructuration. C’est ce qu’ont montré plusieurs articles de Flynt Leverett et Hillary Mann Leverett1, deux anciens responsables de l’administration américaine. Prenant l’exemple de l’Iran pour étayer leur thèse, les deux auteurs affirment que c’est l’absence de réponse à la question du nucléaire iranien qui prouve que l’ordre mondial n’est plus opérant. Les pays occidentaux, Etats-Unis en tête, auraient facilement pu reconnaître le droit de l’Iran à l’enrichissement en échange du contrôle de ses sites nucléaires. Ils s’y sont opposé.

Le conflit sur la question iranienne voit s’opposer deux conceptions distinctes de l’ordre mondial. Dans la première, les règles gérant les relations internationales sont définies par consensus entre États indépendants et souverains et doivent être strictement interprétées de manière à s’imposer à tous. Cette formule a naturellement la faveur des États qui ne sont pas occidentaux. Mais elle est à l’opposé de la pratique de ces États qui forgent des règles en fonction de leurs propres objectifs. Par cette formule les pays occidentaux se donnent un rôle particulier pour interpréter les règles et les imposer aux autres États. Leur puissance aidant, ils n’hésitent pas à faire main basse sur la légalité internationale à laquelle ils avaient initialement souscrit et à la transgresser. C’est dans cet esprit que les présidents George W. Bush et Barack Obama ont fait pression sur le Conseil de sécurité des Nations unies pour qu’il enjoigne Téhéran de suspendre son enrichissement, en contradiction avec la Charte de l’organisation, quand bien même l’Iran a un droit inaliénable au nucléaire civil. Les BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) et les Non alignés contestent naturellement cette interprétation du traité de non-prolifération des armes nucléaires (TNP).