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L’économie algérienne en mal de réformes

À propos de l’Algérie, le consensus des économistes professionnels est double : le pays n’a pas profité autant qu’il aurait pu et aurait dû le faire des « Dix glorieuses » pétrolières (2004-2014) pour diversifier son économie et s’émanciper de la domination de l’or noir sur son économie et ses finances. À sa décharge, aucun autre grand pays exportateur de brut n’a fait mieux en ce domaine. L’unanimité est également de mise sur le caractère intenable du statu quo. Il faut en sortir et ouvrir de nouvelles voies.

Dans son dernier livre — le 17e d’une œuvre savante consacrée principalement à l’économie algérienne —, Abdellatif Benachenhou, universitaire et économiste qui a occupé d’importantes responsabilités dans ce secteur, va plus loin et dit courageusement les choses. L’Algérie doit réformer sa fiscalité qui matraque les salariés ponctionnés à la source, revoir son système de subventions qui rate sa cible et profite à ceux qui consomment le plus, c’est-à-dire les plus riches, améliorer enfin l’État-providence au profit des plus fragiles. Une des idées-force du livre, bourré par ailleurs d’informations et de chiffres souvent inaccessibles au profane, tient à l’importance de la réforme financière.

Faute d’avoir créé un marché financier local, organisé et efficient, capable de satisfaire les besoins de financement de l’État et de ses démembrements, le gouvernement algérien en sera bientôt réduit à s’endetter à nouveau à l’extérieur à des conditions qui seront, n’en doutons pas, onéreuses.

Il manque à ce scénario de remise en ordre de l’économie la plus importante du Maghreb un aperçu de ce qui doit être entrepris dans le secteur des hydrocarbures, l’industrie qui fait vivre l’Algérie. Le secteur est en crise, montre l’auteur. Mais sur quelles bases faut-il le relancer ? Ce pourrait être l’objet d’un 18e livre…