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Le prix des armes

Entretien avec Bachar al-Assad dans le Frankfurter Allgemeine Zeitung

Bachar al-Assad a accordé le 17 juin un long entretien à Rainer Hermann, du Frankfurter Allgemeine. Principales idées.

1. Des éléments étrangers cherchent à prolonger la crise par des voies politiques et militaires.

2. Le pays sera reconstruit mais la vraie reconstruction sera celle des mentalités, des idéologies et des conceptions. Il faudra reconstruire l’harmonie qui était la caractéristique de nos sociétés.

3. Redessiner les cartes de la région équivaudrait à dessiner des cartes de guerre.

4. La Syrie est un État laïc qui traite ses citoyens sur une base égalitaire, quelle que soit leur religion.

5. La Syrie ne connaît pas un « printemps ». Ce qui s’y passe s’oppose à toute idée de « printemps » : tueries, massacres, décapitations, cannibalisme, etc.

6. Ce qui se passe en Irak aujourd’hui et ce qui s’est passé au Liban hier sont des répercussions des événements en Syrie.

7. Nos relations avec la Russie et l’Iran sont des relations de coopération basées sur la légalité internationale. Ces pays s’opposent à la déstabilisation de la Syrie.

8. Jabhat al-Nosra est une branche d’Al-Qaida. Il cherche à instaurer un État islamique. Il prétend faire appliquer la charia mais ne fait que dénaturer l’islam.

9. Le Qatar et l’Arabie saoudite feraient bien de balayer devant leur porte avant de parler de démocratie, de liberté ou de parlements élus.

10. La France et le Royaume-Uni utilisent des marionnettes (Qatar et Arabie saoudite) pour défendre leurs intérêts. Ils veulent se débarrasser de cet État « insupportable » qu’est la Syrie et mettre en place un président « béni-oui-oui ». Ça ne marchera pas.

11. Donner des armes à l’opposition, c’est prolonger la destruction de la Syrie et armer les terroristes.

12. Quand le terrorisme s’installera, il se propagera en Europe grâce à l’immigration illégale ou par le biais des terroristes qui reviendront dans leur pays d’origine.

13. Le Hezbollah n’est pas la principale force sur le terrain. C’est l’armée syrienne qui remporte des victoires. On ne peut parler de brigades du Hezbollah mais de combattants, quelques centaines tout au plus.

14. La Syrie n’a jamais confirmé ni démenti qu’elle possédait des armes chimiques. Les accusations américaines selon lesquelles la Syrie aurait utilisé l’arme chimique sont stupides. Des groupes terroristes l’ont utilisée à Alep.

15. On ne peut parler de réconciliation nationale puisqu’il ne s’agit pas d’une guerre civile. En revanche, un dialogue national est nécessaire pour sortir de la crise et contraindre les terroristes à déposer leurs armes.

16. Nous n’avons pas de problème avec l’opposition qui défend un programme national. En revanche, nous ne pouvons accepter l’opposition « par procuration » basée à l’étranger, manipulée par des États qui la financent.

17. La Syrie a accepté de participer à la conférence de Genève II parce qu’elle préfère parler aux « maîtres » (États-Unis, France, Royaume-Uni, Turquie, Qatar, Arabie saoudite) plutôt qu’à leurs « esclaves » (les opposants syriens basés à l’étranger). Nous attendons de cette conférence qu’elle mette en avant le processus de dialogue en Syrie. Le préalable est que les livraisons d’armes soient interrompues, sans quoi la conférence n’aurait pas de sens.

18. Un échec de Genève II signifierait la continuation du terrorisme et sa propagation vers d’autres pays.

19. Seul le peuple syrien a le pouvoir de me faire partir. Abandonner de ma propre initiative serait trahir.