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Situation des femmes au « royaume des hommes »

Les prémices d’un printemps

Selon le Global Gender Gap Report, l’Arabie saoudite, en 2012, se classait à la 131e place (sur un total de 134 pays) pour les disparités entre les sexes.

La route est encore longue pour que la situation des femmes dans « le royaume des hommes » soit un peu moins dramatique. Des signes apparaissent cependant d’une certaine prise de conscience.

Très remarquée dans la région, ne serait-ce que pour son visuel, une campagne de sensibilisation contre les violences domestiques, intitulée « Some things can’t be covered » (il y a des choses qu’on ne peut pas voiler), vient ainsi d’être financée par la King Khaled Charitable Foundation. Occasion pour le canal anglophone d’Al-Jazira de consacrer un assez long débat à cette question (30 minutes, disponible ici Putting a face to domestic violence in Saudi Arabia Will the Kingdom push to protect women braving abuse ? »).

Chose inconcevable il y a encore quelques années, un tribunal de la région du Qatif, dans l’est du pays, vient ainsi de condamner un mari1 à 6 jours de prison et 30 coups de fouet pour avoir (injustement !) giflé son épouse.

Le droit est d’ailleurs un des domaines où l’évolution des mœurs se fait le mieux sentir. Après avoir gagné, récemment, le droit de divorcer contre compensation financière (ce qu’on appelle le régime du khul’), de plus en plus de femmes bravent les traditions en réclamant le divorce, si possible avec des conditions moins injustes. Selon les statistiques du ministère de la justice, un divorce est prononcé dans le pays en moyenne toutes les vingt minutes !

Parmi les facteurs qui expliquent cette évolution figurent bien entendu les progrès de l’éducation. Voilà bientôt une décennie que, chaque année, l’enseignement supérieur local forme bien plus de femmes (500 000) que d’hommes (300 000)2.

2Article dans Al-Quds al-arabi, en arabe.