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Rencontre avec Abdulnabi Al-Ekry

Autour de « Du Dhofar à Bahreïn, mémoires de lutte et d’espoirs »

Combattante omanaise

Le 30 octobre aura lieu à l’iReMMO une présentation du livre d’Abdulnabi Al-Ekry Du Dhofar à Bahreïn, mémoires de lutte et d’espoirs, 1965-2011 (Éditions Non-Lieu, octobre 2018), en présence de l’auteur et de Bernard Dréano1, préfacier.

Animation par Marc Pellas2.

Singulier destin que celui d’Abdulnabi Al-Ekry, citoyen bahreïnien qui après avoir fait partie, dans les années 1960, des nationalistes arabes, puis de la gauche révolutionnaire d’où il a participé à l’animation politique de l’université américaine de Beyrouth, devient « Hussein Moussa » et rejoint comme combattant (et ingénieur agronome… !) les zones libérées du Dhofar, au sud d’Oman et de la péninsule Arabique.

Puis Hussein devient le représentant du Front populaire de libération d’Oman, en charge, sur tous les continents, d’animer et de coordonner l’intense mobilisation de la solidarité internationale aux révolutionnaires omanais.

Après l’écrasement des maquis du Dhofar par les Britanniques et le corps expéditionnaire du chah, il s’engage dans la lutte pour la défense des droits humains et la démocratisation de l’émirat de Bahreïn et devient l’un des fondateurs du Front populaire de Bahreïn, ce qui le contraint à l’exil à Beyrouth, puis à Damas, sur fond de guerres, de défaite des gauches arabes, et de développement des nouvelles forces islamistes.

Du Dhofar à Bahreïn, aujourd’hui publié en français dans une version inédite, raconte l’histoire des espérances d’une jeunesse qui partait « à l’assaut du ciel » dans le monde arabe des années 1960 et dont le combat se poursuit aujourd’hui par la mobilisation de la société civile pour la défense des droits humains et la lutte de démocratisation. L’ouvrage nous conduit de Bahreïn au Yémen en passant par Tunis, Casablanca, Téhéran, Londres et Paris. Abdulnabi Al-Ekry raconte le Dhofar, la solidarité internationale, puis la longue marche pour la défense des droits humains des années 1980-1990 jusqu’au retour au pays en 2001. Les années 2000 sont des années d’espérance, bientôt assombries par la dynastie bahreïnienne, devenue "royale" en 2002, et qui depuis 2011 écrase toute velléité de participation politique.

Son engagement l’introduit également dans les couloirs de l’ONU, à Genève, où il plaide inlassablement, face à l’hypocrisie et au double discours des États. Et dans les mobilisations « pour un autre monde possible », au sein des forums sociaux mondiaux et d’autres rassemblements militants. Il explique les aspirations des mouvements du « printemps arabe » de 2011 et les contre-offensives des réactions.

On croise dans ces mémoires une multitude d’acteurs, obscurs ou connus, et surtout des hommes et des femmes qui ont lutté et luttent pour « le droit d’avoir des droits ».

Et Abdulnabi Al-EKry livre également une réflexion sur les grandeurs et les limites de l’action des gauches arabes au cours des soixante dernières années.

1Coprésident du Centre d’études et de solidarité internationales (Cedetim), coprésident de l’International Helsinki Citizens’ Assembly, auteur de La Perle et la Colonel. Réflexions sur les révolutions arabes, Non Lieu, 2011, et de (In)sécurités humaines : les luttes pour la paix au XXIe siècle, Non Lieu, 2015.

2Économiste, collaborateur du Monde diplomatique depuis 1973 pour les questions de sécurité dans le Golfe et la péninsule Arabique.

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