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Des élections sous haute surveillance au Bahreïn

Depuis la répression de l’insurrection populaire au Bahreïn de 2011, les restrictions aux libertés et les interdictions d’associations politiques se sont multipliées. Dans ces conditions, les élections de novembre prochain semblent jouées d’avance et l’essentiel des forces d’opposition appellent au boycott.

21 novembre 2014. Manifestation en soutien à l’appel au boycott des élections législatives et locales.

Plus de trois cents candidats ont annoncé, avant même l’ouverture officielle des dépôts de candidature, leur intention de s’engager dans la bataille des législatives bahreinies, prévues le 24 novembre prochain. Ils se disputent 40 des 80 sièges de l’Assemblée nationale, l’organe législatif selon la Constitution du Bahreïn, les sièges restants étant désignés ensuite par le roi. La campagne est ainsi lancée sur fond d’appel au boycott de l’opposition, au Bahreïn même comme à l’étranger.

Ce chiffre élevé pourrait dépasser le nombre de candidatures aux dernières élections législatives organisées depuis le retour à la vie politique en 2002, après une absence de plus d’un quart de siècle. En 2002, selon les chiffres officiels, 191 candidats s’étaient présentés aux élections contre 221 en 2006. Le nombre des candidats a ensuite chuté à 149 lors des élections de 2010, avant de remonter à 265 en 2014.

Ces nouvelles élections se préparent sur fond de crise économique et politique depuis 2011. Une situation aggravée par la hausse de la dette publique : 11,5 milliards de dinars au premier semestre 2018 (1 dinar bahreïni = 2,297 euros), soit 86,6 % du PIB du royaume selon la Banque centrale de Bahreïn.

Interdiction de se porter candidat

L’opposition est interdite d’activité publique dans le pays, à l’exception de deux associations dont la base populaire est réduite. Les principaux groupes politiques d’opposition ont été dissous : il s’agit du mouvement chiite Al-Wefaq National Islamic Society (Association islamique nationale) en juin 2016, des libéraux du National Democratic Action Society Wa’ad (Association pour l’action démocratique nationale) en mai 2017 et d’Amal (Association pour l’action islamique) en juillet 2012.

La loi interdit par ailleurs aux membres des associations politiques d’opposition, dissoutes par décision judiciaire, de se porter candidats aux élections législatives. La loi, devenue effective après sa promulgation par le roi, dispose que sont interdits de candidatures à l’assemblée « ceux qui ont été condamnés pour crime, même dans le cas où ils ont bénéficié d’une amnistie pour la peine ou d’une réhabilitation. »

La loi prive également de candidature ceux qui « ont été condamnés à une peine de plus de six mois de prison pour crime prémédité même s’ils ont bénéficié d’une amnistie pour cette peine ». L’interdiction de candidature à l’Assemblée législative s’étend « aux dirigeants et membres effectifs des associations politiques dissoutes par décision définitive de justice pour avoir commis des infractions graves aux dispositions de la Constitution du royaume ou de n’importe laquelle de ses lois. » Elle concerne également « toute personne qui a porté atteinte ou qui a perturbé intentionnellement le cours de la vie constitutionnelle ou parlementaire, en mettant fin ou en abandonnant l’action législative à l’assemblée, ou dont la qualité de membre a été retirée pour les mêmes motifs. »

Ces dispositions ont soulevé de vives controverses autour du droit des citoyens à se porter candidats sans aucune entrave.

« Un refus divin »

Tout comme elle l’a fait pour les élections de 2002, 2014 et 2011, l’opposition, qu’elle soit légale ou interdite, a appelé au boycott des prochaines élections qu’elle considère comme purement formelle. Le parti d’opposition islamiste chiite Al-Wafa, dont le dirigeant Abdelwahab Hussein Mortada purge en prison une condamnation à perpétuité, a lié ce boycott à un « refus divin ».

Le représentant d’Al-Wafa Mortada Al-Sindi l’a ainsi expliqué en septembre 2018, lors de la saison de l’Achoura :

Aujourd’hui, beaucoup de ceux qui justifient leur participation aux prochaines élections formelles, de pure façade, disent que nous n’avons pas le choix, que le peuple du Bahreïn est fatigué, que les prisonniers sont fatigués, que les mères sont fatiguées. Cela aurait été vrai si les choses étaient entre nos mains. Mais là, c’est l’imam Hussein qui souligne cette question de la plus haute importance, à savoir que le refus existant procède de Dieu et non pas de toi ni de moi.

De son côté, l’association Al-Wefaq a publié un long communiqué le 9 octobre 2018 signé par son vice-président, cheikh Hussein Al-Dihi, à partir de Londres :

Après une expérience de 18 ans qui s’est traduite par de nombreux et importants revers à tous les niveaux, et en raison de l’entêtement du pouvoir à recourir aux mêmes méthodes pour perpétuer l’impasse, à ne pas engager de véritables réformes, à fermer l’espace démocratique et les portes du dialogue, le pays est plongé dans un cycle de crises qui l’ont épuisé ; nous soulignons, au nom de notre responsabilité nationale, que le peuple de Bahreïn n’a pas d’autre choix que de boycotter les élections législatives et municipales.

L’ancien député du groupe Al-Wefaq au Parlement, Ali Alaswad a posté sur Twitter qu’il

est du droit de tout citoyen de voter ou de s’abstenir. Le pouvoir n’a pas à entraver son avis si nous parlons de démocratie. Hormis cela, ce ne sont que des intimidations et des pressions imposées par l’État policier et la loi sur la sûreté de l’État appliquée par l’Intérieur et la Justice au Bahreïn. Nous ne sommes pas concernés par un processus de pure forme pour lequel l’État dépense des millions de dollars juste pour redorer un blason terni.

Alaswad poursuit :

En tant que citoyen jaloux de son pays, soucieux de la sécurité, de la paix, de la coexistence et de l’égalité, je ne me contente pas de boycotter les prochaines élections législatives et municipales à Bahreïn. J’appelle à un large boycott dans le cadre de mon droit en tant que citoyen de l’opposition qui réclame l’État de droit, la justice et l’égalité, loin du tribalisme et du contrôle des opinions et des gens par le fer et le feu.

Abdul-Ghani Al-Khanjar, porte-parole du mouvement Haq à l’étranger et dont le chef, Hassan Mushaima, purge également une peine de prison à perpétuité, souligne de son côté sur Twitter qu’il est

clair aujourd’hui qu’il y a un consensus entre les forces de l’opposition pour le rejet et le boycott des élections législatives de pure forme que veut organiser le régime en novembre. La position unie des forces de l’opposition visant à boycotter des élections destinées à de futiles assemblées du régime est un pas salutaire sur la voie de nos objectifs stratégiques, à moyen et long terme.

Une représentation inéquitable

À l’opposé, Cheikh Khalid Ben Ali Al-Khalifa, le ministre de la justice, des affaires islamiques et des waqf (biens de mainmorte) et président du Haut Comité de supervision générale des élections, souligne que « les prochaines élections pour la cinquième législature constituent un levier pour le développement et la consolidation des acquis démocratiques dans le cadre d’une relance du développement global ». Il a affirmé par ailleurs que le « projet de réforme de Sa Majesté a institué les fondements de la voie démocratique dans le cadre d’un État de droit, en phase avec les principes et fondamentaux sur lesquels le peuple bahreïni s’est accordé dans la Charte nationale d’action. »

Dans sa chronique quotidienne, l’auteure Sawsan Al-Shaer estime que la tentative de l’opposition bahreïnie de se rassembler de nouveau est « vaine ». Elle dénonce une volonté de contourner la loi et les décisions de justice pour revenir sur la scène politique. « Les élections de 2018 sont le signe que le peuple bahreïni va de l’avant pour vivre de façon normale. Les élections de 2018 sont la preuve que le royaume a dépassé 2011 », a-t-elle écrit.

L’opposition reproche au Parlement actuel le fait que l’une de ses chambres, le Majlis Ach-Choura, composée de personnes désignées et non élues, dispose des mêmes attributions et pouvoirs que les élus de l’assemblée législatives. Elle critique également une représentation inéquitable : certaines circonscriptions représentent 4 000 électeurs et d’autres 20 000. L’opposition souligne également que les mécanismes de l’interpellation et du contrôle des responsables ne sont pas efficaces et que la Chambre des représentants ne peut interpeller facilement les responsables.

C’est ce qu’a souligné le mouvement Haq, dans un appel du porte-parole officiel, Cheikh Abdullah Al-Daqaq, au lendemain de l’annonce du boycott des élections par Al-Wefaq, en dépit du fait que les deux mouvements, dont les dirigeants sont emprisonnés, sont interdits d’action politique publique au Bahreïn :

Nous vous invitons noble peuple du Bahreïn à prendre une position forte et décisive. N’ayez pas peur du pouvoir, il faut boycotter ces élections ! Elles ne feront qu’accroître la misère, l’injustice sera plus grande. Ce parlement est celui du pouvoir. Le pouvoir veut faire passer ses lois arbitraires au nom du peuple par le biais de cette assemblée factice. Nous voulons montrer au monde que le peuple de Bahreïn rejette ce Parlement et ces élections (...) Nous vous appelons à boycotter.

Cet appel a été suivi le même jour par une déclaration des « oulémas du Bahreïn », liés au courant chiite bahreïni proche du cheikh Issa Qasim, père spirituel de l’association Al-Wefaq :

Les fausses élections factices ne dupent plus personne en ce monde. La mentalité rétrograde qui contrôle le pays n’a conduit et ne peut que conduire qu’à plus de crises, elle ne l’en sortira jamais si elle ne change pas. Participer à ces élections injustes signifie participer à l’injustice et à l’oppression du peuple musulman. Les arguments fallacieux auxquels s’accrochent certains pour justifier leur participation ne sont acceptables d’aucune façon, ceux-là ne se dupent qu’eux-mêmes.

Dans un communiqué daté du 15 septembre à l’occasion de la Journée internationale de la démocratie, le Majliss Echoura, souligne par contre que

l’annonce de l’intention de nombreux citoyens et personnalités nationales d’être candidats est un phénomène positif. C’est une preuve de la profonde confiance dans le succès du processus démocratique et de son importance pour achever le processus de construction et de développement.

Selon lui, la configuration actuelle de l’assemblée nationale avec ses deux chambres « est l’un des plus importants modèles de démocratie qui concilie la participation populaire et la participation des gens ayant de la compétence et de l’expertise, permettant ainsi à l’ensemble des catégories de la société de jouer leur rôle dans la prise de décision. »

La liste de la honte

Des banderoles appelant au boycott des élections ont été déployées dans un certain nombre de villages. Des comptes sur les réseaux sociaux relevant de l’opposition ont diffusé des photos des candidats de la « liste de la honte ».

En réaction aux appels au boycott, la Commission de la législation et des avis légaux a lancé le slogan officiel des élections législatives et municipales de 2018 : « nous accomplissons notre devoir ». Le slogan a été diffusé sur les comptes Twitter et Instagram officiels de l’autorité électorale. La commission a indiqué que l’opération électorale était « à la fois un droit et un devoir. C’est un droit constitutionnel du citoyen, c’est également son devoir national. »

Les associations proches du pouvoir ont annoncé leur participation. Il en est de même d’une association de l’opposition qui conserve encore un statut légal pour agir publiquement dans le pays, Al-Minbar Altaqadomi (Tribune progressiste). Son secrétaire général, Khalil Youssouf estime que la présence « des forces nationales et populaires dans les assemblées élues permet d’aller vers des changements positifs dans le pays. Nous entendons exploiter toute marge d’action et ne pas laisser le terrain entièrement à des forces inefficaces ».

Al-Minbar Altakadoumi a annoncé sa participation aux élections dès octobre 2017, soit une année avant leur tenue, pour éviter le sort réservé aux autres associations à Bahreïn, à savoir la dissolution et l’interdiction d’activité politique publique. Al-Minbar Al-Islami (Tribune islamique — Frères musulmans) s’apprête, elle, à participer aux élections avec des jeunes qui n’ont jamais été candidats auparavant. Les Frères musulmans ont connu un recul significatif aux élections de 2014 où ils n’ont obtenu qu’un seul siège contre 7 sur 40 en 2006 et seulement deux sièges en 2010. Ils ont également perdu leur présence au pouvoir, leurs ministres ayant été remplacés en raison de l’hostilité des régimes du Golfe à l’égard des Frères musulmans qu’ils ont classés comme une organisation terroriste.

Le Rassemblement de l’unité nationale, une organisation proche du gouvernement créée après les événements de 2011, a annoncé sa participation aux prochaines élections législatives avec quatre candidats. Le Rassemblement avait essuyé un revers aux élections de 2014 où il n’a remporté aucun siège alors qu’il avait présenté sept candidats.

Parmi les candidats annoncés aux prochaines législatives figurent un certain nombre de responsables politiques et d’acteurs de la société qui tout en admettant la faible performance de l’actuel parlement insistent sur la nécessité de la participation. C’est le cas notamment de la sociologue Houda Al-Mahmoud qui a expliqué à Orient XXI les raisons qui l’ont poussée à se porter candidate.

Les quatre législatures passées ont démontré la sincérité de Sa Majesté dans la poursuite de l’expérience parlementaire et son désir de la voir se développer. Il n’est plus possible à quiconque de douter que cette expérience existe pour durer, d’autant qu’elle a été soumise à de nombreuses épreuves et à des moments difficiles.

Je crois que la période de tergiversation et d’ergotage politique provoquée par certaines personnalités n’a pas porté ses fruits, elle s’est transformée en calamité pour ce petit peuple paisible. Cela a contribué à rompre les nombreux liens affectifs qui on fait sa cohésion durant de longues décennies.

Je veux renforcer la confiance et la communication entre le gouvernement et les divers groupes sociaux, tout en assurant une présence féminine équilibrée dans l’institution législative. Je souhaite défendre les droits de la femme et de la famille, en particulier dans les domaines de l’éducation et de la santé. Ainsi que pour leur accès aux fonctions de direction et l’égalité des chances dans divers domaines. Je prends également à cœur la mission principale de l’élu en matière de contrôle et d’interpellation des responsables, d’accès aux informations sur les différents départements de l’exécutif afin que toutes les composantes du processus démocratique se mettent en place conformément à nos attentes.

Un cadre contraint par la situation régionale

Aux partisans du boycott, elle répond : « le boycott ne construit pas les pays. Même si j’admets que l’expérience parlementaire est loin d’être parfaite, il faut dire que tout commence à une petite échelle puis grandit et se développe. Il n’est pas possible de voir l’arbre de la liberté et de la démocratie croître sans qu’il ne soit irrigué par nos expériences, nos échecs et nos erreurs. Nous devons tous contribuer à dissiper les nuages aux yeux des nombreux citoyens de ce pays qui croient que tout ce que fait le gouvernement est un mal à rectifier. Je m’interroge par contre quelles sont les autres expériences réussies proposées par l’opposition au gouvernement, dans tous les domaines. »

« Nous avons besoin, ajoute-t-elle, de présenter des modèles de réussite afin de sortir la population du désespoir, l’inciter à aller de l’avant, à renforcer la participation et les consensus avec le régime, dans un cadre contraint par les rapports de force régionaux et par des facteurs qui pèsent sur la situation économique et politique. »

« Nous ne devrions pas réduire le travail politique au Parlement, ni même au pouvoir législatif », estime pour sa part Abdulnabi Salman, candidat sur la liste d’Al-Minbar Altaqadomi et qui a été déjà élu député dans le Parlement de 2002. « Nous devons réfléchir d’abord en termes politiques, comprendre dans quelle région nous vivons et avec quels régimes nous traitons. Et avant de rejeter le Parlement aux prérogatives manquantes, nous devons nous poser une question fondamentale : quelles sont les alternatives devant nous dans le cas où nous déciderions volontairement de rester hors du jeu politique. Certaines de ces alternatives, pour ne pas dire la plupart, ont déjà été tentées et le résultat a été davantage de pertes, de marginalisation et d’exclusion. »

Et d’ajouter : « Si nous croyons vraiment que l’action politique est au moins une accumulation d’expérience et d’expertise, nous devons y ajouter quelque chose : la préservation des acquis même s’ils sont limités, ne pas les perdre pour éviter d’avoir à les réclamer de nouveau après un certain temps. L’action parlementaire ne se limite pas aux réunions hebdomadaires, ni même à l’ouverture de dossiers importants ; elle consiste à être inlassablement au plus près des problèmes de la population, à avoir un accès direct à l’information, aux documents et aux faits, à favoriser les canaux de communication avec les centres de décision et d’influence dans la société et l’État. Cela ne peut se faire qu’en étant au Parlement. »

S’agissant de sa candidature sur la liste d’Al-Minbar Takadoumi, Salman assure qu’il « continuera à défendre la cause des gens et du pays. Al-Minbar Altaqadomi aborde l’action politique avec réalisme et responsabilité, loin des slogans et des émotions, et nous l’avons prouvé à maintes reprises. Seul celui qui travaille risque de se tromper ou de réussir. Celui qui boycotte et s’éloigne de lui-même des cercles du pouvoir, celui-là veut critiquer à son aise, sans peser sur la réalité, même de manière limitée, sans se donner la peine d’utiliser les outils dont on dispose. »

Salman assure qu’il œuvrera à la restauration de l’unité nationale et à la préservation des acquis du peuple « d’autant que nous assistons à une attaque féroce du Fonds monétaire international contre le niveau de vie, nous voyons augmenter les impôts, réduire les droits des retraités s’alourdir la dette publique et les déficits budgétaires de Bahreïn qui plongeront le pays pour de longues années dans le besoin, le dénuement et la pauvreté. »

Pour sa part, le candidat Majid Al-Hachemi a qualifié la performance de l’actuelle Assemblée de « faible », elle n’a « réalisé aucune des attentes des citoyens ». Selon lui, la tâche de la future assemblée consiste « à relever les défis. Nous aurons besoin d’économistes pour améliorer la performance économique, d’hommes modérés pour contrer les ingérences extérieures au Bahreïn et de spécialistes pour légiférer et suivre certaines lois qui doivent être modifiées ou changées. »

Le militant politique et candidat aux élections, Nader Abdul Imam, déclare à Orient XXI être motivé pour ouvrir « de nouvelles voies à l’action politique publique et pour investir l’espace disponible dans la Chambre législative, malgré les contraintes et ses pouvoirs limités. Nous avons expérimenté le boycott au cours des sept dernières années et nous ne pouvons pas prétendre que cela nous a fourni des solutions ou bien que cela nous a évité des méfaits ou apporté des choses utiles. Le Parlement est un des outils de l’action politique, pas toute l’action politique. Nous ne devons pas mettre tous nos œufs dans le panier du boycott. La participation ouvre également des portes qui permettent de créer le contact direct avec le pouvoir et renforcer une confiance perdue. »

La priorité, selon lui, « est de créer un climat politique positif qui incite à aller de l’avant. Sans un climat politique favorable, la Chambre ne pourra pas faire grand-chose. Les problèmes de la vie quotidienne sont une priorité, ouvrir des fenêtres avec le pouvoir pour régler les crises sécuritaires et politiques également. Les questions de la retraite, des impôts, du chômage, de la naturalisation, la mise en œuvre du principe de l’égalité des chances sont aussi des priorités. Un tel programme n’est pas réalisable par un individu seul, il y aura une liste nationale de compétences reconnues qui est en gestation ».

Au sujet du boycott, il souligne que tout comme la participation, c’est un droit garanti par la Constitution.

Je comprends le point de vue de ceux qui sont attachés à cette option, les expériences passées du parlement ont été décevantes et le citoyen ne s’est pas reconnu dans les députés, sans compter que le climat politique n’est pas propice à la participation pour certains. Notre participation fait face à deux grands défis, d’abord créer un climat politique favorable à des initiatives politiques et humanitaires permettant au pays de respirer, ensuite arracher quelques acquis aux citoyens en fonction de l’espace disponible et repousser autant que faire se peut les dommages qui peuvent les toucher.

Sur le boycott ou la participation, l’ancien secrétaire général de l’Association pour l’action démocratique Wa’ad, Ibrahim Sharif souligne que les « opinions divergentes ne sont pas un crime. Cela, nous le disons au gouvernement comme aux partisans de l’opposition. Les gens sont libres dans leurs choix politiques, leur dignité doit être préservée qu’ils participent aux élections ou qu’ils les boycottent. Nous réclamons un parlement doté de toutes les prérogatives. Notre devoir est de défendre le droit des gens à faire leurs choix politiques sans intimidation de quiconque. »

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